Marion Thomas présente ses travaux à Strasbourg

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"Penser et pratiquer la solidarité. France, Allemagne, Europe et le monde, XIXe et XXe siècles"

Marion Thomas donne une communication à deux voix, avec Florence Vienne qui était co-porteuse du projet ARN-DGF POLCELL, à Strasbourg cette semaine !

"Penser et pratiquer la solidarité. France, Allemagne, Europe et le monde, XIXe et XXe siècles"

Organisé par le Comité franco-allemand des historiens et l’université de Strasbourg

le 11-13 octobre 2018 dans la Salle de conférence de la MISHA.

L’objectif du colloque organisé conjointement par le Comité franco-allemand des historiennes et historiens des XIXe et XXe siècles et l’université de Strasbourg est de mettre en valeur l’histoire de la pensée et de la pratique solidaire à l’époque contemporaine, dans un espace national comme transnational. Dans quelle mesure y-a-t-il eu des convergences, des divergences ou des interactions dans l’évolution des pensées et des pratiques de solidarité en France et en Allemagne, mais aussi en Europe et dans le monde ? Qu’en est-il des paradoxes ou des contradictions dans le débat sur la solidarité ?

Argumentaire
Rivalité ou solidarité : les deux options s’offrent à l’humanité face aux nombreux défis qui se présentent à elle. La solidarité puise à plusieurs sources : l’empathie des hommes entre eux, leur auto-organisation dans ce cadre ou encore une organisation bureaucratique rationnelle comme celle née de l’État-nation. Elle s’est développée dans le contexte des crises, mais également dans le cadre de la spécialisation au sein du monde du travail qui est allée de pair avec la complexification des sociétés et a accentué l’interdépendance des individus. Autrefois limitée à un espace géographique, politique et social restreint, elle a tendance aujourd’hui à repousser ces limites, tirant parti des évolutions de la communication et de la plus grande proximité apparente de « l’autre » ou de celui que l’on appelle aussi l’exclu. Pour que la solidarité se concrétise, il faut cependant plus qu’une technologie facilitant l’échange : il faut une pensée, une conscience qui se diffuse, et une série de pratiques constamment prêtes à l’adaptation. L’objectif du colloque organisé conjointement par le Comité franco-allemand des historiennes et historiens des XIXe et XXe siècles et l’université de Strasbourg est de mettre en valeur l’histoire de la pensée et de la pratique solidaire à l’époque contemporaine, dans un espace national comme transnational. Le point d’appui du colloque est constitué par les espaces francophone et germanophone, mais il comprend aussi les espaces tiers, que ce soit l’espace outre-Atlantique, le Sud d’une manière générale ou encore les deux « Europes » du temps de la Guerre froide.

L’usage du terme « solidarité » peut sembler récent et même relever de certaines habitudes médiatiques. En réalité, l’irruption du mot dans le débat public est déjà ancienne si l’on pense à l’ouvrage du député radical Léon Bourgeois, Solidarité (1896), livre qui nourrit sa théorie du solidarisme. Dès le début du XXe siècle, la doctrine sera déclinée sous le même nom en Allemagne, d’abord dans un contexte catholique. Le Solidarismus ne rejette d’ailleurs pas la charité et la pratique caritative qui doivent trouver leur place dans un système cohérent d’économie politique chrétienne. Si l’on entend plus largement le terme de solidarité au sens de lien social entre semblables au nom de leur seule humanité, on le voit poindre derrière la notion de philanthropie, très utilisée au XIXe siècle et désignant l’action de ceux qui souhaitent se dévouer pour leur prochain, mais en dehors de toute référence religieuse. À partir de la fin du XIXe siècle, le concept s’institutionnalise rapidement au sein du mouvement ouvrier, sous ses formes syndicales, coopératives et politiques.

Le vingtième siècle voit un important élargissement et une réinterprétation des pratiques solidaires, dans un cadre national comme transnational. L’État-providence est consolidé dans les pays du Nord et se diffuse dans le reste du continent, tandis que les deux guerres mondiales font naître de nouveaux mouvements de solidarité émanant de la société civile et concernant différentes causes : l’enfance, les prisonniers de guerre, les prisonniers politiques ou religieux, les populations affamées ou terrorisées par les conflits et/ou en fuite. Les famines des années cinquante, les guerres de décolonisation ou encore les catastrophes environnementales stimulent d’autres pensées et pratiques de solidarité. Dans le contexte européen, une dimension récente semble être apparue, celle de la relation existant entre le développement de la solidarité européenne et la diminution du pouvoir des États-nations.

Dans quel contexte plus spécifique naissent ces pensées et pratiques de solidarité ? Dans quelle mesure y-a-t-il eu des convergences, des divergences ou des interactions dans l’évolution des pensées et des pratiques de solidarité en France et en Allemagne, mais aussi en Europe et dans le monde ? Qu’en est-il des paradoxes ou des contradictions (inclusion/exclusion) dans le débat sur la solidarité ? Depuis quand peut-on parler d’une tendance à l’européanisation dans les pratiques solidaires, en ce qui concerne la France et l’Allemagne, mais aussi face aux pays tiers ? Pour répondre à ces questions, le colloque se propose d’explorer les thématiques suivantes dans une perspective large, ouverte à des orientations aussi bien culturelles et sociales qu’économiques et politiques, tout en encourageant les chercheuses et les chercheurs à explorer de nouvelles pistes.

Comité scientifique

Emmanuel Droit (Institut d’études politiques de Strasbourg, Université de Strasbourg),
Anne Kwaschik (Institut historique allemand),
Catherine Maurer (Université de Strasbourg),
Hélène Miard-Delacroix (Université Paris-Sorbonne),
Matthias Schulz (Université de Genève),
Guido Thiemeyer (Université Heinrich Heine Düsseldorf)

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